Lady Gaga

MagoPride

La chanteuse et actrice américaine Lady Gaga n’est pas connue que pour ses talents vocaux, mais aussi pour ses excentricités et extravagances, en particulier dans le domaine vestimentaire.

C’est ainsi qu’elle se montra (aux MTV Awards de 2010) habillée d’une robe de viande, qui ne manqua pas de susciter de folles polémiques :

Ces polémiques, bien entendu, n’ont fait que renforcer la notoriété de Lady Gaga et son aura sulfureuse : même les détracteurs de la star ont ainsi involontairement contribué à sa promotion.

Arrivée au stade de la robe de viande, difficile pour Gaga de trouver un concept fashion plus disruptif encore que cette provocation vestimentaire de très mauvais goût. Et pourtant, il faut bien aller toujours plus loin, toujours plus haut...

Après quelques séances de brainstorming avec ses stylistes, l’évidence s’impose bientôt d’elle-même : Lady Gaga doit apparaître vêtue d’une robe... en flyers de marabouts !

C’est donc ainsi que se présente la star lors de différents événements médiatiques internationaux en 2025, à la stupéfaction de tous, interloqués et dubitatifs.

La robe a nécessité 3250 flyers de marabouts, assemblés par 25 couturières dans des ateliers de confection haut de gamme sur une durée totale de 7 mois.

À la vue de cette nouvelle création, les polémiques sont si nombreuses que le retour sur investissement médiatique sera colossal pour Lady Gaga. Aucune personnalité, aucun parti politique, aucun mouvement sociétal ne peut rester silencieux : chacun doit donner son avis, réagir, condamner ou soutenir, vilipender ou louer... Impossible de feindre l’indifférence.

Lady Gaga est accusée, en vrac :

Pour certains observateurs, l’initiative vestimentaire provocatrice semble néanmoins s’inscrire dans la mouvance de la “trashion” (contraction de “trash” et “fashion”, détritus et mode), consistant à créer des articles de mode à partir d’objets sans valeur, destinés à être jetés. C’est bien le cas des flyers de marabouts, qui sont trop souvent considérés comme un produit de sous-culture sans aucune valeur, dont la seule place est à la poubelle.

À ce titre, la création est plutôt bien accueillie dans les milieux de défense de l’environnement, notamment par l’activiste Greta Thunberg, qui se fend d’un tweet de soutien à la chanteuse.

On aurait pu penser que les adeptes de magopinaciophilie soutiendraient également la star : par son geste fashion inédit, elle met en lumière cette discipline obscure et méconnue, et contribue à la normalisation des magopinaciophiles souffrant de discriminations.

En réalité, ce sont les sphères magopinaciophiles qui seront le plus virulentes à l’encontre de la fameuse robe maraboutique. Car pour eux, ça ne colle pas. Il y a quelque chose qui cloche. Pour tout dire, ces prétendus flyers authentiques dont est fait le vêtement ne semblent pas vraiment authentiques. Ils présentent des caractéristiques étrangement stéréotypées. Certes, les flyers authentiques sont stéréotypés, mais pas de la même façon. Les couleurs, les dimensions, les textes... Quel que soit l’angle sous lequel on les considère, ces flyers sonnent faux. Et si ces prétendus flyers de marabouts étaient en réalité de faux flyers générés par IA et imprimés sur mesure par les ateliers de haute couture ? et non de véritables flyers de marabouts patiemment collectés au fil des années, soigneusement glanés dans les boîtes aux lettres ou aux sorties de métro, arrachés à des pare-brise dans la rue ou ramassés dans le caniveau ?

Trop heureuse de cette énième polémique – ou “bad buzz”, comme on dit à l’heure des réseaux sociaux – qui ne fait que renforcer sa présence médiatique, Lady Gaga n’a jamais pris pas la peine de répondre à ces graves accusations. Bien au contraire, elle récidivera ultérieurement, avec un étrange costume de fantôme de nonne extraterrestre magopinaciophile...

Et c'est ainsi que, avec un sens de l'auto-dérision très magopinaciophile, sous les yeux ébahis de ses fans incrédules et perplexes, "Lady GAGA" s'est métamorphosée en "Lady BABA", ou "Lady MOMO". Plus généralement, cette tenue vaudra à la chanteuse le surnom médiatique de "Gaga-Mago-Nun" (Gaga-la-nonne-magopinaciophile).