Les figures de style

Le Centre le plus important

Un nombre incalculable de flyers comporte des variantes de formules tournant autour du “centre le plus important”. On suppose qu’il y a une formule originelle, qui avait un sens, et qui ensuite a dérivé vers des variantes qui ne veulent plus dire grand chose. Regardons cela en détail...

On ne peut faire que des hypothèses sur l’origine et l’évolution de cette formule à travers les âges maraboutiques. Nous allons donc tenter de dérouler ci-après un scénario spéculatif mais crédible.

Au départ, il y aurait la formule : 

“Venu du centre le plus important de la magie africaine”.

C’est totalement clair : le marabout a été formé dans un grand centre maraboutique en Afrique, où d’illustres marabouts lui ont transmis tous les savoirs ésotériques et sortilèges traditionnels qu’il maîtrise aujourd’hui. Parfois même, le lieu est précisé. Ce marabout est maintenant venu d’Afrique pour répandre les bienfaits de son art ancestral auprès de ces pauvres citoyens urbains occidentaux qui ne connaissent même pas le retour de l’être aimé ni le cadenas vert.

On ignore si la phrase est vraie, mais au moins, elle est logique et cohérente :

"Venu directement de la Casamance (Sénégal) Le centre le plus important de la magie africaine."

Monsieur Diaby Alimamy

"Venu directement de la Casamance paçao Le centre le plus important de la magie africaine"

el hadji arfang malâng seydi

"RECEMMENT VENU A PARIS Avec un don du centre le plus important de la magie africaine."

Monsieur DIAKHABY

"Venu directement de la Casamance (Sénégal) Le centre le plus important de la magie africaine”

Monsieur EL HADJI BARRO

"il arrive récemment du Sénégale Le centre le plus important de la magie africaine"

kandioura

Tout un tas d'autres exemples de "centre le plus important de la magie africaine".

Comment, de cette formulation parfaitement sensée, passe-t-on ensuite à des variantes fumeuses ?

Pour tenter d’y répondre, nous allons maintenant imaginer un dialogue entre le marabout et son imprimeur. Car certainement, le marabout a un message à faire passer à ses prospects, mais l’imprimeur sait se montrer force de conseil sur la mise en forme de ce message, et notamment, sur la formulation rédactionnelle, d’autant que l’imprimeur maîtrise probablement mieux la langue française que le marabout, “récemment venu d’Afrique”.