Les figures de style
L'Indécision de Politesse, l'Indétermination Personnelle
Le marabout, par flyer interposé, s'adresse directement à son client potentiel. Il l'interpelle, il l'invective.
Simplement, il lui dit tantôt "vous", tantôt "tu", tantôt "votre", tantôt "ton". Parfois, au sein de la même phrase. Comme s'il hésitait entre le respect dû au client, et la sympathie cordiale et fraternelle qu'il lui inspire.
Voir l'exemple de M. BAFODE .
Le marabout applique aussi cette indécision syntaxique à lui-même, parlant de lui tantôt à la première personne du singulier ("je"), tantôt à la troisième ("il").
Cette imprécision peut générer des quiproquos intéressants. Exemple :
"Il courra derrière vous comme le chien derrière son maître et il créera entre vous une entente parfaite" - Prof. MORO - version verte - M. MALIK - Prof. ALI
Le premier "il" désigne (on suppose...) le conjoint perdu, alors que le second "il" fait référence (à ce qu'il nous semble...) au marabout. Mais on dirait qu'il s'agit d'une seule et même personne, donc que le marabout lui-même courra derrière son client.
Sur certains flyers, même le pronom personnel "je" semble ambigu, contre toute attente : "je", pensez-vous, est forcément le marabout qui s'exprime sur le flyer, non ? Eh bien, pas si sûr... Voyez plutôt :
"NE DÉSESPÉREZ PAS, je suis avec vous de tout cœur. SURTOUT NE ME JETEZ PAS, JE PEUX VOUS SERVIR UN JOUR OÙ VOUS N'AVEZ PLUS D'ESPOIR Déplacement possible pour les cas urgents et les personnes âgées"
Dans la phrase "NE ME JETEZ PAS, JE PEUX VOUS SERVIR UN JOUR", "me" et "je" ne feraient-il pas plutôt référence au flyer lui-même ? Le marabout et son flyer ne feraient-ils qu'un ? Un rare cas de symbiose publicitaire ?