L’Assimilation par Prénom Patronymisé

Le marabout apporte à ses clients un souffle de mystère exotique. Mais pas toujours...

Comme on le sait, le marabout est une tradition typiquement d’origine africaine. Nombre de marabouts revendiquent fièrement leurs origines africaines, en donnant des précisions géographiques (réelles ou fantasmées) ou en insistant sur leur arrivée récente en France.

Cependant, on observe aussi un phénomène a priori contradictoire avec les observations qui précèdent : nombre de marabouts adoptent comme nom professionnel dans leurs publicités un prénom français tout ce qu’il y a de plus banal, le moins exotique possible, extrêmement classique, pour ne pas dire désuet :

Entendons-nous bien : nous parlons uniquement des marabouts africains, et non des voyants-médium à la française (dont quelques publicités se trouvent dans la galerie).

Notons également que le nom de scène du marabout est toujours constitué d’un prénom, et non d’un nom de famille français : aucun DUPONT, DURAND ou LEFEBVRE...

Quelle est la logique derrière ces pseudos francisés à l’extrême ? Peut-être une volonté de démontrer une assimilation parfaite dans la culture française, ou de rassurer la clientèle française qui craindrait d’être submergée par un trop-plein d’exotisme et d’irrationnel ?

On note néanmoins quelques exceptions au principe du prénom français : certains marabouts choisissent des noms communs, piochés vraisemblablement au hasard dans le dictionnaire, sans considération particulière pour le sens :

Le résultat est tellement surréaliste qu’on aurait envie de suggérer à ces marabouts de se tourner plutôt vers un prénom.

Enfin, il y a ceux qui reprennent des noms de stars – délibérément ou sans le savoir ?

Maître JUL : Célèbre rappeur marseillais prolifique et autotuné.

Professeur SADE ADU : Chanteuse anglo-nigériane (connue sous son seul prénom de SADE, mais son nom complet est SADE ADU), qui a eu une belle carrière dans les années 1980. Que vient-elle faire dans cette galère maraboutique ?